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Douleurs et blocages de la mâchoire 2

Publié par elisa le 28-Sep-2011 21:10 (15229 lectures)

La première étape est un entretien suivi d’un examen clinique. Des examens complémentaires sont quelquefois nécessaires. Il s’agit le plus souvent de radiographies ou de moulages dentaires.

L’entretien initial

Une analyse du symptôme

Le motif de consultation ou votre demande de soins est traduite et analysée sous la forme de « symptômes ». Le symptôme est, pour un médecin, les sensations telles qu’elles sont décrites par le patient. Le praticien effectue une analyse fonctionnelle du symptôme. Il s’agit d’une forme d’interrogatoire, une enquête sur les causes , l’origine, le développement du trouble.

Les traitements déjà effectués pour ce problème. En cas d’une suspicion de Trouble Douloureux, votre dentiste pourra vous poser les questions sur votre symptôme mais également sur différents aspects de votre vie :

  1. • Depuis combien de temps la douleur dure-t-elle ?
  2. • Est-elle spontanée ou provoquée ?
  3. • Dans quelles circonstances apparaît-elle?
  4. • Qu’est-ce qui améliore ou aggrave la douleur ? Le symptôme peut s’accompagner de différents comportements ( addictions,toxicomanie) et peut également impliquer l’environnement familial, social ou professionnel (évitement, sollicitude...) Si la douleur est ancienne, comment a-t-elle évoluée dans le temps ?
  5. • Dans quelles périodes de vie ?
  6. • Des questions sur la qualité du sommeil et de l’appétit, les troubles végétatifs (nausées, céphalées, étourdissements, vertiges, constipations...) sont une indication précieuse pour le dépistage d’un état de stress physiologique, d’anxiété, de dépression.
  7. • Y a-t-il eu un épisode de stress cette dernière année ?
  8. • Existe-il un conflit avec une ou plusieurs personnes de son entourage ?
  9. • Pensez-vous vivre un épisode difficile de votre vie ?
  10. • Avez-vous des difficultés à vous concentrer ou à entreprendre ?
  11. • Vous sentez-vous tendu, anxieux ou dépressif ?

Un examen clinique

Consultation orthodontiqueAprès ce premier temps de la consultation dédié à l’exposé et la compréhension du problème, le praticien se livre à un « examen clinique » de la mâchoire. La recherche de « signes cliniques » se fait tout d’abord par l’observation de l’amplitude de déplacement, de déviations ou de limitations des mouvements de la mandibule. Le praticien ausculte, c’est à dire qu’il écoute les bruits articulaires, le plus souvent en plaçant ses doigts sur les articulations. Il peut utiliser, dans quelques cas, un stéthoscope. Il palpe également les différents muscles, à la recherche de « bandes tendues » ou de zones spasmées ou douloureuses.

L’ensemble de ces observations vont permettre d’effectuer un diagnostic précis du trouble. Quelquefois ces examens ne suffisent pas, le praticien demandera alors « des examens complémentaires ».

Les examens complémentaires :

examen complementairePour obtenir davantage informations, votre praticien peut vous demander d’effectuer :

Des radiographies : La radiographie « panoramique dentaire » est la plus courante. Elle permet une bonne visualisation des structures dentaires, articulaires et osseuses.

Les IRM permettent une meilleure vision des tissus « mous » que sont les cartilages de l’articulation et les muscles. Le Scanner est recommandé pour des informations plus fines des tissus « durs » osseux.

moulagesDes moulages : Après une prise d’empreintes dentaires, des moulages de plâtre sont effectués et vont constituer des modèles de votre denture. Une analyse de l’occlusion dentaire est alors possible. Les modèles peuvent être monté sur un « articulateur », pour reproduire plus finement les mouvements de la mandibule.

axiographieDes axiographies : L’axiographie est un enregistrement graphique du mouvement des articulations. Cet examen est quelquefois pratiqué. Il donne une image objective de l’impotence fonctionnelle avant le traitement.

Des examens médicaux: si nécessaire, votre praticien vous adressera chez un O.R.L, un rhumatologue, un neurologue pour s’assurer de votre état général dans ces différents domaines.

QUELS SONT LES TRAITEMENTS PROPOSÉS

LA RÉÉDUCATION FONCTIONNELLE :

Le rôle du praticien médecin ou dentiste est avant tout d’informer son patient. Le diagnostic et les examens complémentaires, si nécessaires effectués, permettront de comprendre les différentes dimensions du problème. Dans la grande majorité des cas, il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure car le trouble de l’ATM ne présente aucun caractère de gravité hormis la souffrance que représente la douleur ou le handicap ; qu’il faudra traiter rapidement.

L’ensemble des traitements proposés dans ce domaine répondent à l’approche médicale d’une rééducation fonctionnelle. Celle–ci est basée sur deux principes généraux et fondamentaux: une prise en charge globale et une thérapeutique adaptée aux spécificités du patient.

Les objectifs de traitement sont :

  • Soulager la douleur
  • Rétablir la fonction
  • Etablir une stabilité anatomique
  • Prévenir la récidive

Les moyens mis en œuvres vont dépendre de la nature du trouble

L’information au patient. C’est le premier outil de traitement. Il est quelquefois suffisant dans les cas ou les symptômes peuvent disparaître spontanément ou que l’inquiétude est le motif de la consultation. Il est aussi important de comprendre que le trouble survient à la suite d’une surcharge appliquée aux muscles et aux articulations. L’origine peut être un traumatisme physique comme un choc par exemple. Dans le cas d’habitudes telles que le grincement des dents, nocives pour les structures musculo-articulaires ; seul un changement durable du comportement peut aboutir à une véritable solution. Il s’agit donc de modifier ses comportements par des techniques adaptées localement mais également agir sur les origines des tensions et du stress.

Le principe de l’auto-contrôle: La plupart des traitements de TTM sont limités et se résolvent avec un programme d’autogestion et de rééducation fonctionnelle. La grande majorité des patients répond positivement au traitement en 4 à 6 semaines. Les instructions et les prescriptions données au patient ont pour objectif de mobiliser au minimum le système masticatoire et de le rééduquer. Il s’agit d’une sorte de mise au repos ou « convalescence ».

Ces instructions peuvent être:

Ergothérapie et modification de la fonction : éviter tout serrement ou mastication excessive, la consommation de chewing-gums, les bâillements excessifs, la morsure, le chant, etc.

Prise de conscience et modification des comportements dans la journée : Le serrement compulsif des mâchoires, bruxisme, morsures jugales, morsures d’objets, mauvaises positions de sommeil, pratique de certains instruments.

Programme de physiothérapie : Il s’agit de massages et d’exercices d’étirement musculaire d’amplitude limitée. Au préalable le patient prendra soin de réchauffer les muscles et leurs fascias à l’aide d’un linge humide et chaud (échauffement sur une profondeur d’1 à 5 mm environ). La chaleur favorise la relaxation musculaire et la perfusion vasculaire. Des exercices d’ouverture, fermeture et latéralité droite et gauche devront être fait sans provoquer la douleur. Ils sont répétés aussi souvent que possible dans la journée.

Le port d’une « orthèse » dentaire: un appareillage dentaire peut-être recommandé. Il existe différentes sortes d’orthèses suivant les cas. Les effets recherchés sont un soulagement musculaire et articulaire. L’utilisation est préconisée en port nocturne, précisément parce que le contrôle actif de la mandibule n’est plus réalisable durant le sommeil.

LA PHARMACOTHERAPIE

L’utilisation de médicaments pour réduire la douleur, l’inflammation sont fréquemment utilisés... Les médicaments fournissent un complément essentiel aux soins des patients souffrant de douleurs aigues ou chroniques . Les médicaments seuls ne diminueront pas tous les signes et symptômes des TTM ; cependant, des thérapies physiques associées à des traitements anti-inflammatoires tels que l’Aspirine ou l’Ibuprofène donnent de bons résultats. Dans certains cas de troubles musculaires importants, des myorelaxants peuvent être prescrit. Ces traitements sont prévus pour des périodes assez courtes pendant lesquelles vous resterez sous la supervision de votre dentiste.

LES ORTHÈSES ORTHOPÉDIQUES

Les orthèses dentaires orthopédiques sont des dispositifs, le plus souvent conçus en résine acrylique dure, recouvrant les dents maxillaires ou mandibulaires. Elles peuvent prendre différentes formes suivant les cas. Leur rôle est :

  • De provoquer un relâchement des muscles.
  • De protéger les articulations.
  • De stabiliser la mâchoire.
  • De protéger les dents en cas de bruxisme.

Ces dispositifs sont prescrits pour une période allant de trois à huit mois ; en port nocturne dans la plupart des cas. Lorsqu’il s’agit d’usures dentaires importantes liées à un bruxisme, l’orthèse peut être portée sans limite de temps. Des rendez-vous réguliers seront nécessaires pour les ajustements, le suivi et la réévaluation.

Différentes orthèses:          

ortheseLes Orthèses de stabilisation ou de « libération occlusale » maxillaire (à gauche) et mandibulaire (à droite) sont le plus souvent utilisées pour le traitement des troubles musculaires et articulaires.

Le NTINTI : une orthèse appliquée au secteur incisif. Elle est indiquée aux cas d’urgence car elle est préformée et directement applicable au cabinet. Son utilisation est transitoire. Elle doit être porté de façon intermittente et pour une utilisation limitée dans le temps.

Orthese de contention articulaire (OCA)L’orthèse de Contention Articulaire (OCA) : Efficace dans le traitement des troubles articulaires, elle se compose de deux gouttières. Les attelles latérales maintiennent une légère propulsion ( entre deux et trois mm). Elles sont réglables et ajustables par les tiges filetées bilatérales. Son action permet une immobilisation et une véritable décompression des ATM ; le temps de la recupération. L’orthèse maxillaire peut être conçue sur les critères d’une orthèse de « liberation occlusale ». Elle peut se désolidariser de la gouttière mandibulaire pour la deuxième phase du traitement.

LE TRAITEMENT OCCLUSAL


Avant traitement faceApres traitement faceLe terme « occlusion » désigne l’ensemble des contacts entre les dents maxillaires et les dents mandibulaires lors de la fermeture des mâchoires. Un traitement occlusal est parfois indiqué pour corriger ou améliorer l’occlusion :il s’agit d’une « équilibration occlusale ». La grande majorité des cas de TTM trouvent une solution par des thérapeutiques « non-invasives », tels que la rééducation fonctionnelle, les orthèses, la pharmacothérapie . En général, Il n’est pas nécessaire d’intervenir directement sur les dents, en provoquant des modifications irréversibles. Toutefois, votre praticien peut juger qu’il est nécessaire de modifier certains contacts. Les moyens peuvent etre des meulages dentaires, le remplacement de dents manquantes, des couronnes, ou encore le repositionnement des dents par un traitement orthodontique.

Apres traitement latéralAvant traitement latéralS’ils sont nécessaires, les traitements occlusaux ne se pratiquent qu‘après la résolution de la douleur et des troubles par des thérapeutiques « non invasives ».

Traitement Orthodontique : photos avant et apres le traitement. La mandibule à trouvé une stabilité.

LA GESTION DU STRESS

Le stress ; l’anxiété et la dépression sont des phénomènes relativement courrant. Ils peuvent être ponctuels, à l’occasion d’événements de vie difficiles. Ils peuvent également se prolonger dans le temps et devenir chronique. Les troubles engendrent de nombreuses conséquences. Ils affectent l’état psychologique, mais également l’état de santé général et les comportements. Dans certains cas ,votre praticien vous conseillera une thérapie de la gestion du stress par un thérapeute « comportementaliste ». Il peut vous adresser également à un « centre de la douleur » pour une prise en charge globale.

LA CHIRURGIE

Dans de tres rares cas, une chirurgie de l’articulation est indiquée. Il s’agit de pathologies tumorales, bénines ou malines ; de traumatismes et autres lésions importantes de votre articulation. L’articulation est enfermée dans une capsule. une inflammation de l’articulation peut persister dans le temps : une arthrocentèse est alors nécessaire. Il s’agit d’une infiltration de l’articulation qui permet un drainage rapide des produits inflammatoires. C’est une opération simple et non douloureuse.

CONCLUSION

Les troubles temporo-mandibulaires sont en général des troubles bénins qui trouvent une solution rapide par des thérapeutiques médicales adaptées Le trouble douloureux est aujourd’hui reconnu comme une pathologie liée à la physiologie du stress et à la mémoire neuronale. Il est nécessaire d’instaurer une prise en charge globale incluant une veritable gestion de l’état de stress. En dernier lieu et dans tous les cas un examen clinique attentif doit etre effectuer pour reconnaître l’origine du trouble et des examens complémentaires sont quelque fois nécessaires

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