De son cabinet de Barcelone, le professeur Pedro Planas a durant toute son existence dĂ©fendu sa conception de l’Ă©quilibre dentaire.
Selon lui, la spĂ©cialisation orthodontique reprĂ©sentait une entrave Ă la conduite du diagnostic, voire Ă celle du traitement. Son argumentation Ă©tait simple ; un diagnostic ne peut ĂŞtre rĂ©ellement Ă©tiologique quand il est officieusement limitĂ© par des paramètres trop statiques, trop normĂ©s. En d’autres termes, il existe, pour Planas, une logique fonctionnelle Ă toute dysmorphose : la dysmorphose constatĂ©e n’est que la consĂ©quence d’un dĂ©sĂ©quilibre de la dynamique fonctionnelle et ne peut ĂŞtre imputĂ©e qu’Ă lui seul.
Ainsi, modifier la position d’une dent revient Ă traiter une consĂ©quence et non la cause.
De telles conceptions ont peut-ĂŞtre rapprochĂ© Pedro Planas de Claude Bernard, mais l’ont radicalement opposĂ© aux pères de l’orthodontie moderne. Son refus du compromis lui a confĂ©rĂ© un statut d’hĂ©rĂ©tique, qu’il n’Ă©tait pas sans cultiver d’ailleurs.
Aussi, est-il intĂ©ressant de connaĂ®tre cet autre courant scientifique de l’orthodontie, baptisĂ© de manière plus vaste « RĂ©habilitation Neuro-Occlusale » par son auteur et s’articulant de manière quasi-dialectique autour du duel Ă©quilibre – dĂ©sĂ©quilibre.
Selon Planas : « Tous les problèmes de notre système stomatognathique, sauf rares exceptions, ont pour cause l’impotence fonctionnelle masticatrice provoquĂ©e par l’insuffisance des contraintes mĂ©caniques engendrĂ©e par notre rĂ©gime alimentaire civilisĂ©. » C’est sur ce principe qu’il a imaginĂ© la RĂ©habilitation Neuro-Occlusale (RNO) dont la thĂ©rapeutique consiste Ă provoquer l’excitation des terminaisons nerveuses articulaires et parodontales afin d’entraĂ®ner des rĂ©ponses de dĂ©veloppement. La RNO se fonde donc sur la dĂ©couverte de l’endroit, du moment et du type d’excitation des rĂ©cepteurs pour obtenir des rĂ©ponses Ă©quilibrĂ©es.
L’EQUILIBRE FONCTIONNEL (ou la conception du développement idéal)
En temps que mĂ©decin, Planas a justifiĂ© le bien-fondĂ© scientifique de sa mĂ©thode en abordant de manière prĂ©cise les diffĂ©rents stades de dĂ©veloppement de l’appareil manducateur.
L’embryologie et Planas
Du point de vue embryologique, nous savons que la mandibule naît de la fusion de 2 bourgeons, vascularisés et innervés de manière distincte. Cette fusion, futur 1er arc, a lieu dès la fin de la 5ème semaine.
Au niveau maxillaire, 3 bourgeons vont fusionner.
Le bourgeon frontal initialement dĂ©terminĂ© par l’Ă©minence proencĂ©phalique, est Ă l’origine du dĂ©veloppement des bourgeons nasaux internes et externes.
Au cours de la 6ème semaine, les 2 bourgeons maxillaires vont fusionner avec les bourgeons nasaux, confĂ©rant ainsi une triple origine Ă l’entitĂ© maxillaire, avec ici Ă©galement des vascularisations et innervations diffĂ©rentes.
Ainsi Planas distingue-t-il différents groupes de récepteurs neuraux (Dents-parodontes) :
- Au maxillaire, 3 groupes correspondant aux 3 bourgeons,
2 latéraux (Molaires et prémolaires),
1 central (Incisives)
- A la mandibule, 2 groupes correspondant aux 2 hémi-arcades
Les lois de Planas reposent sur cette distinction.
En effet, les stimuli provoqués lors de la mastication, soit rappelons-le en moyenne une heure par jour, vont engendrer des réponses, selon Planas, au niveau de la totalité‚ du groupe dento-parodontal excité, pendant les 23 heures où la denture est au repos.
(3 groupes dento-parodontaux maxillaires, 2 groupes dento-parodontaux mandibulaires)
Conséquences :
- A la mandibule par exemple, l’excitation fonctionnelle d’une ou plusieurs dents d’une hémiarcade produit une réponse de croissance verticale de toutes les dents de cette hémiarcade, croissance qui sera neutralisée par le contact occlusal du maxillaire antagoniste s’il existe.
- une malposition ou une lĂ©sion parodontale localisĂ©e est le reflet d’une excitation excessive ou au contraire insuffisante non pas de l’organe dentaire seul mais du groupe de rĂ©cepteurs concernĂ© par le jeu de la dynamique masticatoire.
La génétique et Planas :
Planas introduit dans ce chapitre la notion de Biotype. Le biotype est  » un caractère individuel, génétique et invariable ».
En fait, le dĂ©sĂ©quilibre fonctionnel s’exprimera de manière plus ou moins exacerbĂ©e ou parfois totalement diffĂ©rente selon le biotype de l’individu.
La réponse à la thérapeutique utilisée pourra également varier.
En fait, la classification biotypique de Planas, malgrĂ© une terminologie empreinte d’embryologie mĂ©dicale, se rapproche beaucoup de la conception de classification homĂ©opathique.
Ici encore, l’empirisme du clinicien prĂ©domine.
Planas distingue 4 biotypes : 2 dits positifs et 2 dits négatifs.
- Premier biotype positif, le biotype mésoblastique (ou biotype cottonesque)
Dans ce biotype, il y a prĂ©dominance des tissus du feuillet mĂ©soblastique : muscles striĂ©s, squelette, cĹ“ur, vaisseaux, sang, reins, glandes surrĂ©nales et gonades. Ces individus sont dotĂ©s d’un squelette robuste, d’une grande force musculaire, d’une activitĂ© gĂ©nitale marquĂ©e, d’un bon dĂ©veloppement des voies respiratoires et sont peu sujets aux inflammations. Ils sont forts, infatigables, apprĂ©cient les aliments, les boissons fortes. De tendance nomade, ils aiment la vie Ă l’air libre. Leur crâne est bien dĂ©veloppĂ© , les formes brachycĂ©phaliques dominent et les bases apicales des maxillaires sont larges.
En cas d’insuffisance fonctionnelle, ce biotype ne prĂ©sente pas d’endognathie importante, pas de proalvĂ©olie, ni de grande distoclusion infĂ©rieure (Cl II), pas de respiration buccale. On note chez lui un degrĂ© plus ou moins important de supraclusion incisive.
Ce biotype a une denture Ă hautes cuspides et il possède le potentiel musculaire nĂ©cessaire Ă leur abrasion. Mais, si cette puissance n’est pas utilisĂ©e au maximum, ce qui est le cas avec l’alimentation moderne, l’insuffisance fonctionnelle crĂ©e, Ă l’âge adulte, des lĂ©sions parodontales graves liĂ©es Ă des interfĂ©rences occlusales pathologiques dues Ă l’insuffisance d’abrasion.
- L’autre type « positif », dit chordoblastique, est caractĂ©risĂ© par « un dĂ©veloppement harmonieux des 3 feuillets » et illustrĂ© par l’individu Ă©quilibrĂ©, tant au plan Ă©motionnel qu’au plan physiologique.
Les deux types nĂ©gatifs, au pronostic dĂ©favorable, notamment en ce qui concerne l’avenir parodontal du sujet, sont appelĂ©s ecto et endoblastiques.
- Le biotype ectoblastique est ainsi nommĂ© par allusion Ă la prĂ©dominance des dĂ©rivĂ©s de ce feuillet : Ă©piderme, système nerveux central et pĂ©riphĂ©rique, Ă©piphyse, mĂ©dullo-surrĂ©nales… Ici, la musculature striĂ©e, le squelette et l’appareil masticatoire sont hypodĂ©veloppĂ©s, la respiration est souvent buccale.
D’un point de vue squelettique, le sujet ectoblastique est plutĂ´t dolichocĂ©phale et rĂ©trognathe.
Les dents sont grandes mais leurs cuspides peu marquĂ©es et peu exposĂ©es Ă l’abrasion vue la faible puissance musculaire dĂ©crite.
- Le biotype endoblastique est illustrĂ© par l’individu oĂą la fonction digestive est prĂ©dominante. Obèse et atone, il s’agit souvent d’un brachycĂ©phale qui, dixit Planas, « possède une mastication de type herbivore ».
Le développement selon PLANAS :
Dans ce registre, Planas dĂ©montre d’une manière très sĂ©duisante, car très logique et très claire, le bien-fondĂ© de la thĂ©orie selon laquelle  » le système stomatognathique se dĂ©veloppe Ă partir de deux stimuli, gĂ©notypique et paratypique, dont l’association constitue le phĂ©notype. » Le stimulus est sans aucun doute le maĂ®tre mot sur lequel repose toute la conception planassienne.
A la naissance
Fonction respiratoire
Le contrĂ´le de l’amplitude des mouvements thoraciques ainsi que leur rythme, le dĂ©veloppement « tridimensionnel » des fosses nasales (Base de la voĂ»te palatine), comme celui des sinus maxillaires sont conditionnĂ©s, chez le nouveau-nĂ© par la respiration nasale.
Si celle-ci est perturbĂ©e, et donc si les stimuli qu’elle entraĂ®ne, ne peuvent s’exprimer au niveau des terminaisons nerveuses situĂ©es dans les fosses nasales, une adaptation s’organise certes pour des raisons de survie, mais non sans consĂ©quences sur le dĂ©veloppement de l’ensemble stomatognathique.
En effet une respiration buccale de suppléance va se mettre en place provoquant une ouverture buccale permanente avec une position basse et antérieure de la langue qui ne va plus jouer son rôle de matrice fonctionnelle dans le développement transversal du maxillaire.
La succion
Planas Ă©tait naturellement un farouche dĂ©fenseur de l’allaitement au sein et il travaillait sur la conception d’un biberon dont la tĂ©tine imposerait au nourrisson un effort de succion comparable. Cette sollicitation musculaire est Ă ses yeux nĂ©cessaire au dĂ©veloppement harmonieux des maxillaires et des A.T M.
Planas insiste aussi sur le développement du « crâne facial ». Celui-ci, volumétriquement inférieur au « crâne céphalique » à la naissance, voit sa croissance conditionnée à trois fonctions, respiration nasale, alimentation au sein puis mastication.
Dès l’Ă©ruption des premières lactĂ©ales
Lors de la lactation, la mandibule a un mouvement exclusivement antéro-postérieur entraînant ainsi un développement dans cette direction des maxillaires.
L’Ă©ruption des incisives, premières lactĂ©ales, va limiter la frĂ©quence et l’amplitude des mouvements de propulsion-rĂ©tropulsion et favoriser l’expression des « premiers pas » vers la mastication et la latĂ©ralitĂ©.
La mastication suppose préhension, incision, trituration, broyage, insalivation des aliments, puis déglutition. Pour cela, nous sommes dotés d’un mécanisme très complexe qui doit être excité fonctionnellement pour se maintenir en état. Cette excitation est fournie :
- par les mouvements antéro-postérieur des ATM, dus à la contraction des muscles ptérygoïdiens, masseters et temporaux.
- par les frottements occlusaux de toutes les dents, qui se transmettent au parodonte.
Pour que cette excitation se produise, il est nécessaire que toutes les dents inférieures frottent contre toutes les supérieures, dans les mouvements de latéralité mandibulaire, aussi bien à droite qu’à gauche, et cela aussi bien du côté travaillant que du côté balançant. Les sillons et les cuspides de forme arrondies au moment de l’éruption ont été merveilleusement disposées par la nature, pour que par l’usage, des facettes se créent, qui se transforment en plans de glissement.
Les mouvements mandibulaires de latéralité sont guidés par les canines et par les trajectoires condyliennes. Voilà , pour Planas, le véritable équilibre occlusal.
Au fur et Ă mesure des Ă©ruptions de lactĂ©ales, l’abrasion, autre concept important pour Planas, sera nĂ©cessaire Ă l’expression d’une course mandibulaire optimum.
Toute supraclusion incisive freine bien-sûr cette course et la limitera immanquablement à une latéralité stricte, avec des effets iatrogènes sur le développement des A.T M.
Dès l’Ă©ruption des premières dĂ©finitives
L’apparition des premières dents dĂ©finitives, Ă savoir les premières molaires, va dĂ©terminer en quelque sorte la dimension verticale qui conditionnera plus tard le recouvrement incisif, normal ou excessif.
Il est Ă noter que l’occlusion lactĂ©ale et son degrĂ© de normalitĂ© selon Planas (bout Ă bout incisif et abrasion entraĂ®nant un plan d’occlusion quasi horizontal) auront prĂ©alablement Ă©tabli les fondations de la denture dĂ©finitive, tout comme respiration nasale et alimentation au sein avaient Ă©tabli celles de l’occlusion lactĂ©ale et des premiers mouvements de latĂ©ralitĂ©.
Le développement vertical des molaires et prémolaires
Les vĂ©ritables mouvements fonctionnels pour Planas sont les mouvements de latĂ©ralitĂ©. Les frottements occlusaux des dents mandibulaires ( » Activatrices ») contre les dents maxillaires ( »RĂ©ceptrices ») vont engendrer lors de la mastication d’aliments suffisamment  »durs » une excitation des A.T.M. et du parodonte.
Plus précisément, cette excitation concernera tel ou tel groupe maxillaire (incisif, latéral droit ou latéral gauche) ou mandibulaire (droit ou gauche).
Il suffit qu’une dent soit excitĂ©e pour que toutes celles de son groupe le soit, ceci entraĂ®nant une rĂ©ponse de croissance de l’ensemble de ce groupe.
C’est de cette observation qu’est nĂ© l’Ă©quiplan.
Le développement vertical des incisives
De façon gĂ©nĂ©rale, si la mastication est unilatĂ©rale pendant une pĂ©riode longue, les incisives supĂ©rieures et plus spĂ©cialement la latĂ©rale du cĂ´tĂ© opposĂ© au cĂ´tĂ© travaillant, a tendance Ă s’Ă©gresser (Loi de la diagonale de THIELEMAN ou loi de dysfonctionnement de PLANAS).
En fait, c’est tout le groupe incisif qui s’Ă©gresse, mais du cĂ´tĂ© orbitant, les interfĂ©rences occlusales vont vestibuler l’incisive latĂ©rale.
Le développement de la situation du plan occlusal
Pour Planas, du côté travaillant, le plan occlusal a tendance à se relever dans sa partie antérieure et s’abaisser simultanément du côté orbitant au niveau antérieur également.
Si la mastication est bilatérale, ces mouvements alternatifs à droite et à gauche de montée et de descente vont aboutir à une situation correcte et équilibrée du plan d’occlusion. C’est là , la condition capitale et indispensable au maintien de l’équilibre permanent du système stomatognathique.
L’occlusion et PLANAS
A la lecture des prĂ©cĂ©dents paragraphes, il est clair que seule l’observation de la dynamique mandibulaire et la mise en Ă©vidence de ses limites fonctionnelles va permettre au praticien de trouver les voies originelles de la dysmorphose. (pour Planas, la tĂ©lĂ©radio et la cĂ©phalomĂ©trie ne servent Ă rien)
C’est la raison pour laquelle l’Ă©tude de l’occlusion dynamique, sur laquelle nous le verrons, Planas va baser toute sa dĂ©marche diagnostic, vient naturellement conclure cette première partie et introduire la seconde.
L’A.T.M.
Comme nous l’avons prĂ©cisĂ© antĂ©rieurement, la mastication bilatĂ©rale, oĂą chaque cĂ´tĂ© est alternativement travaillant ou orbitant, est indispensable au dĂ©veloppement harmonieux des deux maxillaires.
Du cĂ´tĂ© orbitant, la musculature propulsive est plus sollicitĂ©e, ceci entraĂ®nant un dĂ©veloppement important de l’hĂ©mi-mandibule correspondante (Distance condyle-symphyse).
D’autre part le condyle peut effectuer sa course horizontale et la pente condylienne est normale.
Par contre, du cĂ´tĂ© travaillant, le condyle travaille exclusivement en rotation, les propulseurs s’expriment beaucoup moins et l’hĂ©mi-mandibule est nettement moins dĂ©veloppĂ©e, l’angle goniaque plus fermĂ©.
En cas de mastication unilatĂ©rale, le cĂ´tĂ© balançant est donc en classe I et le cĂ´tĂ© travaillant , oĂą l’hĂ©mi-mandibule s ‘est moins dĂ©veloppĂ©e, en classe II.
A plus ou moins long terme, la mastication unilatérale entraînera des problèmes articulaires.
La forme d’arcade
Selon Planas, pour être physiologique, l’arcade mandibulaire humaine doit avoir une forme que nous appelons carrée, c’est à dire qu’entre les bords mésiaux des canines, les incisives sont pratiquement en ligne droite ou sur une courbe légèrement concave en arrière. De chaque côté, à partir du bord distal des canines, les prémolaires et les molaires sont situées symétriquement, sur des lignes droites légèrement divergentes vers l’arrière.
Pour Planas, seule une mandibule bien modelée, selon sa forme d’arcade préconisée, fonctionnant à droite et à gauche, peut travailler de manière équilibrée et modeler une belle arcade maxillaire sans risque de récidive.
Sens transversal ou l’Angle Masticatoire Fonctionnel de Planas
L’AFMP. est l’un des Ă©lĂ©ments fondamentaux dans la dĂ©marche diagnostic en R.N.O.
Il s’agit d’Ă©valuer les 2 angles, droit et gauche, matĂ©rialisĂ©s par l’horizontale d’une part et les pentes exprimant, de chaque cĂ´tĂ©, les courses mandibulaires droites et gauches, la pointe des triangles Ă©tant matĂ©rialisĂ©e par le point incisif infĂ©rieur.
En fait, PLANAS dit utiliser un point mandibulaire quelconque.
Dans l’idĂ©al, les 2 angles sont Ă©gaux, tĂ©moignant ainsi de la bilatĂ©ralitĂ© de la mastication.
En denture lactĂ©ale comme en cas d’abrasion totale du système dentaire, ces deux angles sont nuls.
En cas de mastication unilatĂ©rale, l’angle le plus petit sera constatĂ© du cĂ´tĂ© travaillant.
Ainsi, faut-il surtout comparer les valeurs des A.F.M.P. l’un par rapport Ă l’autre.
Il faut noter que Planas a toujours été un farouche opposant à la protection canine.
Pour lui, l’obtention de l’Ă©quilibre parfait en fonction masticatrice exige la possibilitĂ© pour la mandibule d’effectuer ses mouvements en latĂ©ralitĂ© de manière symĂ©trique et sans entrave.
Or, pour Planas, la protection canine Ă©tait une hĂ©rĂ©sie car d’une part, cette dent Ă©tait exposĂ©e alors Ă des problèmes parodontaux (compte tenu d’une sollicitation maximum) et, d’autre part, la latĂ©ralitĂ© parfaite s’en trouvait entravĂ©e (la course mandibulaire matĂ©rialisĂ©e par l’a.f.m.p. devenant une ligne brisĂ©e et non une ligne droite).
Sens vertical et sens sagittal
La recherche de la relation centrĂ©e est l’une des premières dĂ©marches de Planas lors de l’examen clinique (le deuxième Ă©tant l’Ă©valuation des AFMP.).
Pour lui, comme pour les occlusodontistes les plus dogmatiques, la relation centrĂ©e doit coĂŻncider parfaitement avec l’occlusion habituelle, soit l’intercuspidation maximum.
Dans le cas oĂą il n’y a pas coĂŻncidence, Planas utilise le terme de «Double occlusion ».
En fait, c’est ici qu’intervient La Loi de Hauteur minimale.
D’après celle-ci, la mandibule, en cas de double occlusion, est contrainte d’effectuer, Ă partir de la relation centrĂ©e, des mouvements en latĂ©ralitĂ© comme en propulsion, afin d’obtenir l’intercuspidie maximum dictĂ©e par la dimension verticale minimale obtenue quand il existe un engrènement dentaire optimum certes, mais iatrogène pour les ATM.
Il s’agira donc, en utilisant une thĂ©rapeutique adaptĂ©e, d’obtenir une D.V. minimale en relation centrĂ©e, et ce sans aucun compromis possible.
LE DESEQUILIBRE FONCTIONNEL ou la recherche de la thérapeutique étiologique
De l’examen clinique Ă l’Ă©tablissement du diagnostic
L’examen clinique va surtout comporter deux phases essentielles : un examen des arcades au repos et un examen en fonction.
Ces deux phases feront suite à un interrogatoire du patient visant à connaître son hygiène de vie, éventuellement son passé médical et à définir son biotype.
Examen des arcades au repos
- En tout premier lieu, il existe un examen de la denture ; absences, dents cariées, dents soignées, dents douloureuses, prothèses iatrogènes éventuelles.
En effet, ces facteurs peuvent à eux seuls entraîner des habitudes antalgiques elles-mêmes génératrices de parafonctions indésirables.
- L’Ă©tat parodontal sera Ă©galement Ă©tudiĂ©. Pour Planas, celui-ci est un signe de dysfonction.. A l’opposĂ© d’auteurs actuels pour qui une malocclusion ne peut qu’aggraver une pathologie existante, il estimait que la pathologie n’Ă©tait que la consĂ©quence de cette malocclusion et donc du dĂ©ficit fonctionnel.
- Vient ensuite l’examen des arcades proprement dit. c’est Ă dire de chacune d’entre elles puis de l’occlusion statique.
- Pour Planas, l ‘arcade mandibulaire doit ĂŞtre « carrĂ©e », autrement dit, les incisives doivent ĂŞtre situĂ©es sur une mĂŞme ligne droite afin que la mandibule puisse jouer le rĂ´le  » du pilon Ă©crasant une pression constante sur les parois du mortier, Ă la diffĂ©rence près que ce mortier qu’est le maxillaire supĂ©rieur n’est pas rigide mais plastique et rĂ©agit Ă ces pressions par une croissance modelante ».
Ainsi, les canines mandibulaires doivent être juste aux coins de ce carré, de telle sorte que la tangente passant par les faces vestibulaires du groupe prémolo-molaire doit coïncider avec celle de la face disto-vestibulaire de 33 ou 43.
Nous verrons plus tard que le premier objectif de Planas sera d’ailleurs d’aligner et de « carrer » cette arcade.
- Cet examen va aussi dĂ©celer les malpositions dentaires qui s’expliquent en R.N.O. par un dĂ©sĂ©quilibre fonctionnel et vont donc, Ă ce stade, permettre d’orienter ou de supputer les anomalies mises en Ă©vidence plus tard en fonction.
- En outre, Planas va mesurer largeur et longueur des 2 arcades (utilisation de l’ortomètre et du compas de Korkaus par exemple).
Les valeurs trouvées seront comparées à celles trouvées en cours et en fin de traitement.
- Enfin, Planas observait les rapports interarcades en occlusion habituelle d’abord ; classes canines et molaires et surplomb incisif pour le sens sagittal, existence ou non d’articulĂ© inversĂ© latĂ©raux et de non correspondance des centres ou d’autres anomalies du sens transversal, supraclusie incisive ou bĂ©ance dans le sens vertical.
Examen fonctionnel
Il est Ă©vident que nous arrivons ici Ă l’Ă©tape clef de la R.N.O.
Il faut souligner le grand sens clinique de PLANAS ainsi que son expĂ©rience exceptionnelle, cet examen est plus aisĂ© Ă dĂ©crire qu’Ă accomplir. Certains signes peuvent ĂŞtre imperceptibles pour les praticiens. Or, pour PLANAS, rien ne doit ĂŞtre laissĂ© au hasard.
La relation centrée
La première recherche va être celle de la relation centrée. Il faut rappeler que celle-ci est la référence absolue en R.N.O. Les compromis du Long ou Wide centric sont exclus.
Planas possĂ©dait une mĂ©thode certes peu douce mais nĂ©anmoins très efficace pour obtenir la R.C. : celle-ci consistait Ă effectuer, sur le patient dĂ©tendu, de petits chocs au niveau de la symphyse, de manière rĂ©pĂ©titive, ce jusqu’au recul mandibulaire dĂ©sirĂ©.
Ensuite, il observait le rapport maxillo-mandibulaire obtenu.
Dans la majeure partie des cas, toutes les dents ne sont pas en contact dans cette position, notamment au niveau des  » zones de soutien » (P.M. + M.).
Aussi la mandibule doit-elle, Ă partir de cette position dĂ©terminĂ©e par le système nerveux central, dĂ©vier d’arrière en avant et/ou latĂ©ralement, afin qu’il puisse avoir occlusion fonctionnelle nĂ©cessaire Ă la fonction masticatrice, mĂŞme si celle-ci entraĂ®ne une souffrance condylienne ; c’est ce que Planas appelle l’existence de « la double occlusion».
Ce trajet occlusion centrĂ©e-occlusion fonctionnelle s’explique pour Planas par la recherche spontanĂ©e pour le maxillaire infĂ©rieur de « la hauteur minimale »(Loi de la Hauteur Minimale).
Cette observation des  »micro-ajustements » mandibulaires s’effectue Ă l’aide de papier articulĂ© (Très utilisĂ© par Planas) et nĂ©cessite beaucoup d’attention et de prĂ©cision.
La latéralité
La suite de l’examen fonctionnel consiste en l’observation des mvts de latĂ©ralitĂ© :
– Contacts et frottements occlusaux ;
– Absence de contacts ;
– InterfĂ©rences et mastication en « charnière ».
– TonicitĂ© musculaire.
Planas Ă©tudie Ă ce stade la protection, canine ou de groupe, ainsi que la pente incisive responsable (Ou signe) d’une mastication en « charnière ».
Ici aussi, le papier articulĂ© permettra d’objectiver les contacts travaillants et orbitants.
 » Il est indispensable qu’il existe un Ă©quilibre occlusal, c’est Ă dire des mouvements de latĂ©ralitĂ© sans Ă coups en occlusion centrique, et un contact aussi bien en travail qu’en balance » P. PLANAS
L’Ă©tude de la latĂ©ralitĂ© va naturellement prĂ©cĂ©der la mise en Ă©vidence de ces indicateurs que sont les Angles Fonctionnels Masticatoires de Planas.
Les A.F.M.P.
Comme nous l’avons dĂ©crit antĂ©rieurement, Planas utilise un point mandibulaire, souvent le point interincisif infĂ©rieur.
Si lui-mĂŞme utilisait une banale sonde pour estimer les 2 A.F.M.P., il prĂ©conisait l’emploi d’un appareil d’enregistrement, plus prĂ©cis, constituĂ© d’un stylet placĂ© au niveau du point incisif infĂ©rieur et dotĂ© d’une extrĂ©mitĂ© traçante qui matĂ©rialisera les 2 courses en latĂ©ralitĂ© sur une plaque de plexiglass prĂ©alablement fixĂ©e au visage du patient.
Il est indispensable de demander au patient d’effectuer les mouvements de latĂ©ralitĂ© en conservant le maximum de contacts dentaires. Il faut noter que le patient est en occlusion fonctionnelle au dĂ©part de l’Ă©valuation des A.F.M.P.
Il faut souligner que l’Ă©valuation des A.F M.P. possède surtout une valeur qualitative ; sont-ils Ă©gaux ou diffĂ©rents, le cas Ă©chĂ©ant, quel est le plus grand des 2.
Il existe cependant un intĂ©rĂŞt quantitatif ; en effet, plus l’âge augmente et donc plus le degrĂ© d’abrasion de la denture (DĂ©finitive ou lactĂ©ale) est important, plus les valeurs trouvĂ©es tendront vers 0°.
Il faut noter que les valeurs trouvĂ©es seront reportĂ©es ultĂ©rieurement sur l’articulateur.
L’exploration radiologique
Compte tenu de l’opposition proverbiale de Planas Ă l’Ă©gard de la cĂ©phalomĂ©trie radiologique, la sĂ©mĂ©iologie radiologique sera rĂ©duite Ă l’observation de rĂ©tro-alvĂ©olaires (estimation de la dimension des dents permanentes non-Ă©voluĂ©es) et Ă celle de la panoramique.
Celle-ci va permettre de dĂ©pister d’Ă©ventuelles agĂ©nĂ©sies ou surnumĂ©raires, ainsi que d’observer les formes condyliennes.
La phase gnathostatique
L’objectif de cette phase est double :
- Obtenir des moulages d’arcades orientĂ©s selon les 3 sens de l’espace ; PSM, plan horizontal de CAMPER, plan frontal perpendiculaire au plan de Camper et passant par les tragions ;
- Etablir une fiche gnathostatique, vĂ©ritable dossier du patient qu’il est facile d’archiver et de transmettre aux confrères et qui constitue une rĂ©fĂ©rence consultable en cours de traitement.
Les moulages gnathostatiques
Si l’utilisation de l’alginate est possible, Planas lui prĂ©fĂ©rait celle d’une pâte thermoplastique, type Stents, surtout chez les enfants très jeunes dont le moindre Ă©coulement de matĂ©riau provoque nausĂ©es et larmes.
Le montage sur gnathostat
Après réalisation des moulages au laboratoire (dupliqués), vient l’étape du montage sur gnathostat.
Cet appareil est constitué de plusieurs pièces :
- Le porte-occlusion ;
- L’arc facial permettant de repĂ©rer les tragions, les gonions, l’ophrion, le point sous-nasal et le gnathion.
- Le gnathostat proprement dit, Ă savoir le dispositif portant les moulages sur 2 platines.
Dans un premier temps, s’effectue la prise de l’occlusion sous sa forme fonctionnelle et non centrĂ©e. Il existe plusieurs tailles de porte-occlusion (dont il faut contrĂ´ler que la tige fait bien 15° avec le plan occlusal) : le mieux adaptĂ© au cas sera garni dans sa partie Ă©vidĂ©e de pâte thermoplastique puis placĂ© entre les arcades puis refroidi, contrĂ´lĂ© et replacĂ© en bouche.
L’arc facial est ensuite adaptĂ© aux diffĂ©rents points, après avoir Ă©tĂ© fixĂ© Ă la tige du porte-occlusion.
Vient enfin l’Ă©tape laboratoire oĂą le montage arc facial-porte-occlusion sera reportĂ© sur le gnathostat possĂ©dant les diffĂ©rents emplacements prĂ©vus Ă cet effet. Avant de fixer les moulages aux platines (Avec du plâtre naturellement), il faut Ă©tablir la fiche gnathostatique.
Les moulages gnathostatiques obtenus seront donc orientés de la manière suivante :
– Le bord infĂ©rieur du moulage maxillaire supĂ©rieur coĂŻncide avec le plan de Camper.
– Le plan sagittal mĂ©dian est celui du patient ;
– La paroi postĂ©rieure est Ă 3 cm d ‘un plan frontal passant par les tragions.
L’orientation par rapport au plan de Camper est très importante.
En effet, ce plan est normalement parallèle au plan d’occlusion. En R.N.O., on observera, s’il existe, l’angle virtuel formĂ© par ces 2 plans.
En fonction de l’orientation de cet angle, Planas met en Ă©vidence une neutrocclusion (Soit une classe squelettique I), une distocclusion (Soit une classe II), ou une mĂ©siocclusion (Soit une classe III).
Nous verrons plus tard que les plaques Ă pistes seront construites en fonction de ce constat et en vertu de la loi de dimension verticale minimale.
Une dernière Ă©tape sera le quadrillage des 2 moulages, pris en vue occlusale, grâce au symĂ©trographe, afin d’objectiver les asymĂ©tries.
La fiche gnathostatique
De prime abord, cette fiche a quelque chose de complexe, tant dans sa conception que dans sa lecture. Etablir cette fiche s’effectue en 2 Ă©tapes, sur du papier millimĂ©trĂ© oĂą sont reprĂ©sentĂ©s un axe des abscisses et un axe des ordonnĂ©es.
Dans un premier temps sont mesurĂ©es sur le visage du patient et au pied Ă coulisse, les distances ophryon sous-nasal et sous-nasal gnathion. Celles-ci seront ensuite reportĂ©es sur l’axe des ordonnĂ©es, le point sous nasal Ă©tant placĂ© au niveau 0.
Ces mêmes distances sont mesurées sur le montage gnathostatique en partant des pointes des tiges de positionnement.
Ainsi, ayant reporté des premières mesures prises sur un plan frontal, ces secondes valeurs introduisent une composante sagittale, reportée sur la fiche.
Enfin, le plan transversal est également transposé par un moyen plus prosaïque ; la fiche sera fixée au gnathostat par un dispositif idoine et les pointes correspondant aux gonions et au gnathion perceront la feuille, les « trous » obtenus seront repérés par des points tracés ultérieurement. On obtient alors un triangle.
Ainsi lire une fiche gnathostatique une première fois peut paraître complexe du fait de la représentation des 3 dimensions sur un même plan.
La mise sur articulateur
Pour certains auteurs et praticiens, la mise sur articulateur sera une Ă©tape sujette Ă caution. Il y existe en effet une part consĂ©quente de ce que l’on appelle en espagnol  »l’Ojometro », Ă savoir le  »pif », ou encore le « coup d’oeil ».
L’articulateur utilisĂ© est muni d’une pièce supplĂ©mentaire appelĂ©e « L » de Planas : c’est lĂ son unique diffĂ©rence technique. Le rĂ´le de ce « L » sera de matĂ©rialiser le plan de Francfort et s’appuiera en toute logique sur le tragion (Voir schĂ©ma) ; le plan de Francfort sera en effet la rĂ©fĂ©rence d ‘orientation des moulages sur articulateur et la partie horizontale de cette pièce (Soit matĂ©rialisant ce plan) sera placĂ©e parallèlement Ă la table de travail.
La grande particularité du montage est le réglage des pentes condyliennes.
Une fois donc les moulages (En occlusion centrĂ©e) repositionnĂ©s sur l’articulateur, l’arc facial retirĂ©, il va falloir programmer les amplitudes des diffĂ©rents mouvements masticatoires.
Planas n’attachait aucune importance Ă la valeur de l’angle de Bennett.
Sa prĂ©occupation Ă©tait de transposer exactement la situation constatĂ©e en bouche sur l’articulateur. Aussi, est-ce par observation, bouche du patient Ă quelques centimètres de l’articulateur, que les valeurs de pentes condyliennes seront estimĂ©es.
Premièrement, un cĂ´tĂ© est choisi arbitrairement, devient travaillant pour la circonstance et va ainsi aider Ă dĂ©terminer la pente de l’autre.  » Au coup d’œil », ce cĂ´tĂ© travaillant rĂ©glĂ© est fixĂ© et la valeur de la pente condylienne cĂ´tĂ© balançant peut ĂŞtre lue et dĂ©terminĂ©e. Ensuite, la mĂŞme chose est rĂ©alisĂ©e de l’autre cĂ´tĂ©.
La pente incisive sera, elle, réglée en fonction des A.F.M.P.
Il faut noter, Ă propos de la propulsion incisive, que Planas s’intĂ©resse en fait Ă la latĂ©ro-propulsion mise en Ă©vidence lors de la recherche des A.F.M.P.. Pour lui, la propulsion pure n’est en quelque sorte pas physiologique car elle n’existe jamais en temps que telle au cours de la fonction masticatoire.
En R.N.O., le terme de sĂ©mĂ©iologie prend donc son vĂ©ritable sens d’Ă©tude des signes.
Cette Ă©tape, peut-ĂŞtre un peu lourde, conduit Ă un diagnostic certes fonctionnel , mais centrĂ© sur la fonction masticatoire stricte et plus particulièrement sur l’occlusion dynamique dentaire.
Aussi, nous allons voir que l’arsenal thĂ©rapeutique de Planas va ĂŞtre totalement en accord avec cette conception. Il ne faudra jamais contraindre les dents comme dans les techniques multi-attaches mais rendre la fonction bilatĂ©rale possible pour aboutir Ă l’harmonie dento maxillaire.
La thérapeutique en R.N.O.
Les meulages sélectifs en denture lactéale
D’un point de vue pratique, ce sont les moins mutilants, vue la caducitĂ© de la dentition, mais aussi les plus dĂ©licats Ă effectuer compte tenu du très jeune âge du patient.
Le but de ces meulages sera donc de corriger des interfĂ©rences occlusales objectivĂ©es par l’examen sur articulateur.
Dans un premier temps, la double occlusion sera corrigĂ©e, si elle existe. L’objectif suivant sera l’Ă©galisation des A.F M.P. droit et gauche afin de permettre une mastication alternĂ©e.
Les meulages en denture lactĂ©ale sont aussi utilisĂ©s pour modifier, dans le sens antĂ©ro-postĂ©rieur, l’orientation du plan occlusal par rapport au plan de Camper.
Ils sont alors jumelés à la mise en place de composites sur les faces occlusales de certaines dents pour réaliser ce que Planas appelle les pistes directes.
Dans certains cas en effet, le meulage sélectif serait trop délabrant et mettrait à nu la dentine. Les pistes directes sont alors indiquées.
Principes des plaques Ă pistes
 » Mes appareils agissent par présence  » Pedro Planas. A ce titre, il convient de qualifier réellement les appareils de Planas en général et les plaques à pistes en particulier de fonctionnels.
Comme le souligne J. KOLF, « il s’agit d’un dispositif qui vient interfĂ©rer dans un système biologique gĂ©nĂ©rateur de croissance ».
L’originalitĂ© des plaques Ă pistes (inspirĂ©es Ă Planas par l’appareil d’ANDRESEN) va ĂŞtre de lever les entraves au jeu fonctionnel afin de permettre l’expression optimale de la croissance des maxillaires.
Les effets orthodontiques sont ainsi induits mais jamais provoquĂ©s. Les dents sont absolument libres de toute contrainte lors du port de l’appareil .
Les vĂ©rins situĂ©s sur les plaques ne sont prĂ©sents que pour compenser l’expansion transversale obtenue.
D’après CHATEAU, elle atteint des amplitudes de l’ordre de 11mm pour les apex supĂ©rieurs et de 7mm pour les apex infĂ©rieurs, car il s’agit d’un rĂ©el dĂ©veloppement des bases apicales.
Il existe également une possibilité de correction des déséquilibres sagittaux.
Pour cela, Planas va donner une inclinaison antĂ©ro-postĂ©rieure Ă l’interface des pistes, classiquement parallèle au plan de Camper.
Ainsi, en vertu de la loi de dimension verticale minimale, l’orientation donnĂ©e va induire une propulsion ou une rĂ©tropulsion selon le cas.
On peut aussi donner Ă l’interface des pistes une inclinaison dans le sens transversal.
Celle-ci sera unilatĂ©rale car l’intĂ©rĂŞt est en fait d’augmenter un A.F.M.P. afin de changer le cĂ´tĂ© fonctionnel masticatoire.
Dans les cas de classes II, PETROVIC souligne l’activitĂ© contractile Ă rĂ©pĂ©tition des ptĂ©rygoĂŻdiens latĂ©raux chez les porteurs d’appareillages de Planas : contraction – contact incisif – inhibition – recul mandibulaire – recontraction – etc.
Il Ă©crit : « Cette activitĂ© contractile Ă rĂ©pĂ©tition, en sollicitant aussi un supplĂ©ment d’activitĂ© itĂ©rative du frein mĂ©nisco-condylien, provoque un supplĂ©ment de croissance du cartilage condylien, et, par voie de consĂ©quence, un supplĂ©ment de croissance au niveau du bord postĂ©rieur de la br. montante. Autrement dit, on aura un supplĂ©ment d’allongement de la mandibule. » PETROVIC poursuit en Ă©voquant l’existence d’une stimulation supplĂ©mentaire par le jeu de la latĂ©ralitĂ© permis par le mĂŞme appareillage.
Au plan technique, le rĂ©glage de la hauteur des pistes est le point le plus dĂ©licat. Il faut en effet conserver les contacts occlusaux qui transmettent aux rĂ©cepteurs parodontaux ainsi qu’aux A.T .M. la « nouvelle donne » fonctionnelle permise par le jeu des pistes.
Il n ‘y a pas perte mais modification de la mĂ©moire occlusale. Sauf cas particuliers, la dimension verticale avec appareils est ainsi toujours Ă©gale Ă la DV d’occlusion.
Les plaques Ă pistes ne seront retirĂ©es qu’au moment des repas, phase lors de laquelle a lieu le «stimulus nerveux physiologique de la mastication », stimulus dont la rĂ©ponse morphogĂ©nĂ©tique s’exprimera lorsque les plaques sont de nouveau en bouche.
Il faut noter qu’il existe un certain nombre d’auxiliaires, bielles, ressorts d’Eschler, etc, adaptables aux plaques Ă pistes et utilisĂ©s quand l’incitation mandibulaire Ă la pro ou rĂ©tropulsion doit ĂŞtre renforcĂ©e.
L’Equiplan
L’Equiplan est en fait un auxiliaire possible, mĂŞme s’il s’agit du plus illustre des dispositifs mis au point par Planas. CHATEAU en a d’ailleurs fait l’une des pièces de son propulseur.
Pour comprendre le principe de l’Equiplan, il faut revenir Ă l’embryologie et plus prĂ©cisĂ©ment Ă la participation des diffĂ©rents bourgeons dans l’Ă©dification des maxillaires.
Si le bourgeon nasal int. prĂ©figure Ă lui seul l’emplacement du futur secteur incisivo-canin maxillaire, ce mĂŞme secteur dentaire possède une double origine Ă de la mandibule.
Par conséquent, toute stimulation des incisives et canines inférieures entraîne une réponse morphogénétique étendue aux secteurs prémolo-molaires de cette arcade. On obtient donc une croissance verticale mandibulaire limitée aux secteurs latéraux.
La correction d’une supraclusion incisive sera obtenue par horizontalisation du plan occlusal mandibulaire et la « libĂ©ration » des secteurs latĂ©raux permettra une correction extemporanĂ©e d’une distocclusion, le cas Ă©chĂ©ant.
Thérapeutique de la première année
Le nourrisson allaitĂ© au sein pendant un an environ ou jusqu’Ă l’Ă©ruption de ses incisives, aura très naturellement corrigĂ© sa rĂ©tromandibulie nĂ©o-natale physiologique et respirera par le nez.
Si, par contre, il est nourri au biberon en totalité ou partiellement, sa rétromandibulie persistera, au moins en partie, et en outre, les risques de respiration buccale seront accrus.
HĂ©las, il n’existe pas actuellement de procĂ©dĂ© d’allaitement artificiel capable d’engendrer les mĂŞmes stimuli que le sein maternel.
Quant Ă la respiration buccale, compte tenu de son rĂ´le pathogène, il est capital de la corriger le plus rapidement possible pour maintenir en fonction les centres qui, dans le nez, maintiennent la respiration physiologique. Dans ce but dès qu’on s’aperçoit que le bĂ©bĂ© a perdu la ventilation nasale, nous construisons un obturateur en matĂ©riau mou qui, sous forme d’une lame de 2mm d’Ă©paisseur, se dĂ©coupe de façon Ă s’adapter derrière les lèvres et les joues, devant les dents et jusqu’au fond des vestibules. La plaque est placĂ©e dans la bouche de l’enfant pendant son sommeil. Pour Ă©viter son rejet, on peut coller un peu de sparadrap sur la peau.
Selon Planas, la succion de doigts est beaucoup moins fréquente chez les enfants nourris au sein.
Il faut par dessus tout Ă©viter l’installation de cette mauvaise habitude, source de dĂ©formations qui seront peut-ĂŞtre difficiles Ă traiter .
Planas conseille parfois de mettre sur le bras, un tube de carton fixĂ© par quelques Ă©pingles Ă la chemise ou au pyjama, pour empĂŞcher l’enfant de plier le coude.
En rĂ©sumĂ©, la seule vĂ©ritable prophylaxie pendant la première annĂ©e est l’alimentation au sein jusqu’Ă l’Ă©ruption des incisives, ainsi que le maintien de la respiration nasale physiologique.
Thérapeutique en denture temporaire : moment privilégié de la réhabilitation neuro-occlusale
Cette thérapeutique en denture temporaire aboutit, en effet, à une véritable prophylaxie du problème parodontal ou des parodontopathies et constitue la prophylaxie ou la thérapeutique précoce des malpositions dentaires ou des malocclusions.
En denture temporaire, nous pouvons classer les lĂ©sions d’origine fonctionnelle en :
- atrophies du 1er degré
- atrophies du 2e degré
- atrophies du 3e degré
- occlusions croisées
- hypertrophies mandibulaires
- infraclusions incisives.
A ce stade de la dentition, les dispositifs uti1isables dans un but de réhabilitation neuro-occlusale sont :
- les pistes directes en composites,
- les plaques Planas avec leurs pistes.
Atrophie du premier degré en denture temporaire
L’enfant se prĂ©sente avec une denture d’aspect normal en occlusion centrique, et avec une intercuspidation molaire correcte.
L’analyse gnathostatique nous montre une symĂ©trie parfaite et un plan occlusal parallèle au plan de Camper. Mais l’analyse fonctionnelle des mouvements de latĂ©ralitĂ©, nous montre que l’enfant ne sait pas rĂ©aliser ces mouvements. Pour les observer, il nous faudra obtenir que le patient se dĂ©tende et essayer, Ă la main, d’imprimer des mouvements de latĂ©ralitĂ© Ă sa mandibule ; nous pourrons alors constater que les canines interdisent ce mouvement par excès de dĂ©socclusion, et qu’elles empĂŞchent la mastication dans les positions latĂ©rales qui sont les positions vĂ©ritablement fonctionnelles ; l’enfant rĂ©agit en mastiquant exclusivement en occlusion centrique ou avec un parcours très rĂ©duit. Les contacts nociceptifs des canines leur font modifier le «patron » de mastication et nous observons que les faces occlusales des molaires lactĂ©ales ne sont pas abrasĂ©es.
Le traitement de ces cas est le meulage sélectif.
Il faut au prĂ©alable enregistrer l’occlusion au papier Ă articuler mais en occlusion centrique seulement ; nous commencerons alors Ă travailler les versants distaux des canines infĂ©rieures.
Ensuite nous effacerons les marques que nous avons faites au maxillaire et Ă la mandibule, et nous recommencerons l’enregistrement en occlusion centrique mais, cette fois, en faisant glisser la mandibule Ă droite et Ă gauche. Nous Ă©liminerons l’Ă©mail du bord mĂ©sial des canines supĂ©rieures jusqu’Ă ce que les AFMP soient très bas et nous regarderons si 1’enfant effectue alors spontanĂ©ment ces mouvements de latĂ©ralitĂ©. Nous recherchons ensuite s’il n’y a pas de petits obstacles qui, s’ils existent, se situeront du cĂ´tĂ© travaillant sur les cuspides disto-vestibulaires des secondes molaires temporaires maxillaires. Les cuspides des secondes molaires temporaires mandibulaires peuvent Ă©galement constituer des obstacles importants Ă ce mouvement du cĂ´tĂ© travaillant ; ce sont, par contre, les cuspides vestibulaires des molaires infĂ©rieures qui peuvent ĂŞtre en cause du cĂ´tĂ© balançant. Les traces laissĂ©es par le papier Ă articuler nous indiqueront Ă©galement si un meulage des bords libres des incisives centrales et latĂ©rales supĂ©rieures dans leur partie distale est nĂ©cessaire.
Il faut se souvenir que, pendant ces meulages, nous ne devons P AS toucher aux cuspides d’appui en occlusion centrique, puisqu’il faut maintenir la dimension verticale. Nous crĂ©erons seulement des facettes de glissement pour supprimer la gĂŞne fonctionnelle et autoriser les mouvements de latĂ©ralitĂ© avec des AFMP plats ou voisins de 0°.
Tous les trois mois, nous contrĂ´lerons la denture du patient au papier Ă articuler.
Au second contrĂ´le, on peut observer un contact prĂ©maturĂ© des incisives dans les mouvements de latĂ©ralitĂ©. Ce phĂ©nomène est liĂ© Ă la tendance propulsive de la mandibule depuis qu’elle se meut latĂ©ralement (en vertu de nos lois de dĂ©veloppement , par excitation des ATM). Il nous faudra alors Ă©liminer cet accrochage ou contact prĂ©maturĂ© dans les mouvements de latĂ©ralitĂ©.
En agissant ainsi, surtout si nous avons commencĂ© le traitement Ă deux ou trois ans, l’enfant parvient Ă l’âge de 5-6 ans avec une denture complètement plate, sans cuspide et avec, dans les mouvements de latĂ©ralitĂ© un frottement de toutes les dents mandibulaires contre les dents maxillaires c’est-Ă -dire une denture parfaitement mature avec un plan occlusal bien situĂ©.
Atrophie du second degré en denture temporaire
Nous nous trouvons devant des patients âgés de deux ou trois ans présentant une endognathie supérieure et une rétromandibulie avec supraclusion incisive plus ou moins importante.
Une analyse des moulages gnathostatiques nous montre un plan occlusal non parallèle au plan de Camper. ProlongĂ©s vers l’arrière, les deux plans se croiseront, formant un angle plus ou moins ouvert en bas et en avant.
Compte tenu de la pathologie, la mandibule ne se déplace pas latéralement et les ATM ne sont donc pas excitées. Le tonus musculaire et les réflexes nerveux sont également en sommeil. Sans mouvements de latéralité ni frottement occlusal, le schéma masticatoire est mauvais et la croissance reste insuffisante.
Traitement par « pistes directes» en composites.
DĂ©pistĂ©e prĂ©cocement, et si elle n’est pas très importante, la rĂ©tromandibulie peut ĂŞtre traitĂ©e par notre technique des composites.
Avec ce moyen, il est possible, en surélevant et en élargissant la face occlusale de quelques dents et en meulant les dents antagonistes, de changer la situation du plan occlusal et de le rendre parallèle au plan de Camper.
On peut aussi dans une faible mesure l’orienter diffĂ©remment de telle manière que, les deux plans prolongĂ©s se croisent vers l’avant suivant un angle très petit ouvert vers l’arrière.
La façon de procĂ©der est la suivante : on demande au patient d’avancer la mandibule et de mettre ses incisives en bout Ă bout. Cette manoeuvre fait apparaĂ®tre une infraclusion bilatĂ©rale au niveau des molaires temporaires.
Si, dans cet espace libre, nous imaginons un plan parallèle Ă celui de Camper , nous voyons que nous devons faire s’égresser la canine infĂ©rieure et peut-ĂŞtre meuler la canine supĂ©rieure, qu’il nous faut surĂ©lever la seconde molaire temporaire supĂ©rieure et quelquefois raccourcir l’infĂ©rieure ; quant Ă la première molaire il y aura Ă rĂ©partir l’augmentation de hauteur entre la supĂ©rieure et l’infĂ©rieure.
Après Ă©tablissement des pistes directes, le plan occlusal est remontĂ© en avant, d’oĂą une propulsion mandibulaire automatique. Une fois les pistes directes installĂ©es, la distoclusion, est corrigĂ©e automatiquement, ainsi que le surplomb incisif.
Pour corriger les diffĂ©rences de dĂ©veloppement transversal, on pourra s’aider, si nĂ©cessaire, de plaques Planas avec vĂ©rin d’expansion et pistes parallèles au plan occlusal obtenues avec les composites. Elles seront un peu plus hautes en avant qu’en arrière afin d’aider Ă la correction de la rĂ©tromandibulie par application de la loi de la dimension verticale minimale.
Dans les cas de dysharmonies transversales ou d’endognathies graves, nous ajouterons des vĂ©rins pour faire de l’expansion.
Dans les cas de biotype très négatif , nous serons obligés en outre de placer une bielle centraIe entre les deux appareils , ou deux bielles latérales selon ce qui convient le mieux au confort du patient.
Atrophie du troisième degré en denture temporaire
Si l’atrophie est encore plus importante – endognathie supĂ©rieure, forte rĂ©tromandibulie, et grande supraclusion incisive – nous aurons recours Ă l’utilisation de l’Ă©quiplan.
Il faut observer que les modifications s’effectuent presque exclusivement Ă la mandibule sous forme de croissance alvĂ©olaire avec nivellement du plan occlusal infĂ©rieur.
Dans les très nombreux cas que Planas a traitĂ© Equiplan, qu’il s’agisse d’enfants de 2 ou 3 ans ou d’adultes de 15, 20 ou 40 ans, 1’arcade dentaire maxillaire ne s’est pratiquement pas modifiĂ©e. Toute la transformation a siĂ©gĂ© Ă la mandibule, ce qui confirme les lois du dĂ©veloppement du système stomatognathique selon Planas.
Avec l’installation de l’Equiplan et la mise en marche de la mandibule latĂ©ralement, les incisives centrales et latĂ©rales supĂ©rieures sont excitĂ©es et freinĂ©es simultanĂ©ment grâce Ă la marche d’escalier dont ce dispositif est Ă©quipĂ©, tandis que les prĂ©molaires et molaires restent en inocclusion sans ĂŞtre excitĂ©es par les mouvements de latĂ©ralitĂ©.
En rĂ©sumĂ©, au maxillaire les zones excitĂ©es sont en mĂŞme temps freinĂ©es et l’excitation n’atteint pas le reste de l’arcade. Il n’y a par consĂ©quent pas de rĂ©ponse de croissance.
A la mandibule, les choses se passent diffĂ©remment. Les incisives infĂ©rieures sont excitĂ©es en permanence par l’Equiplan ; mais nous savons que l’excitation d’une incisive peut donner une rĂ©ponse de croissance Ă toute l’hĂ©miarcade homolatĂ©rale. Comme toutes les incisives sont excitĂ©es par l’appareil, la rĂ©ponse de croissance intĂ©resse les deux hĂ©mi-arcades. Le plan occlusal infĂ©rieur se nivelle donc contre le supĂ©rieur, aidĂ© en cela par l’excitation des ATM qui, par l’intermĂ©diaire de l’Equi-plan, obligent la mandibule Ă se mouvoir latĂ©ralement.
Cela se vĂ©rifie quel que soit l’âge du sujet, de 2 ans jusqu’Ă 60 ans et plus. Les phĂ©nomènes biologiques s’accomplissent depuis la naissance jusqu’Ă la mort. Avec l’âge ils perdent seulement de leur rapiditĂ©.
Après l’équiplan, nous sommes amenés parfois à utiliser des plaques à pistes et/ ou des meulages sélectifs.
Les occlusions croisées
DiagnostiquĂ©e prĂ©cocement, l’occlusion croisĂ©e (latĂ©rale) est parmi les atrophies une des plus faciles Ă traiter ; mais, si on la nĂ©glige, on se heurte Ă des difficultĂ©s liĂ©es au risque de survenue de dystrophies irrĂ©versibles des bases osseuses.
Nous avons dĂ©jĂ dit que l’Ă©nergie de dĂ©veloppement de la mandibule doit ĂŞtre recueillie par les maxillaires. C’est pourquoi la nature nous a dotĂ©s de faces occlusales telles, que les dents de l’arcade supĂ©rieure recouvrent les infĂ©rieures, afin que le mouvement de latĂ©ralitĂ© mandibulaire soit freinĂ© et retenu par l’arcade maxillaire qui, en retour, a besoin de cette excitation pour se dĂ©velopper.
Quand, pour une raison quelconque, trouble postural par exemple, l’arcade infĂ©rieure est exagĂ©rĂ©ment dĂ©veloppĂ©e, l’occlusion centrique en intercuspidation maximale devient impossible. La mandibule trouve alors une occlusion avec une dimension verticale plus basse, au prix d’une latĂ©rodĂ©viation droite ou gauche. Ce qui arrive en l’occurrence, c’est que la mastication se fera dĂ©sormais du cĂ´tĂ© de la dimension verticale minima qui est toujours du cĂ´tĂ© de l’occlusion croisĂ©e.
Cette habitude Ă©tant prise et le schĂ©ma masticateur installĂ©, tout le système va s’adapter Ă cette fonction pathologique avec l’excitation de l’ATM du cĂ´tĂ© opposĂ© au cĂ´tĂ© mastiquant et, par consĂ©quent, dĂ©veloppement de cette hĂ©mi-mandibule qui, rapidement, s’installe en neutroclusion ou en mĂ©sioclusion.
Si nous avons la chance de diagnostiquer ce dĂ©sordre prĂ©cocement, nous ferons une exploration fonctionnelle avec du chewing-gum. Nous observerons alors que, si l’enfant est capable de dĂ©placer facilement sa mandibule du cĂ´tĂ© croisĂ©, il lui est beaucoup plus difficile, voire impossible, de la dĂ©placer de l’autre cĂ´tĂ©, considĂ©rĂ© pourtant comme le cĂ´tĂ© normal.
Il nous faut alors obtenir la relaxation mandibulaire puis , en guidant cette mandibule Ă la main, rechercher la relation centrĂ©e. Si, au cours de cette manoeuvre, nous essayons de faire coĂŻncider la relation et l’occlusion centrĂ©es, nous butons sur un obstacle qui oblige la mandibule Ă se dĂ©vier, pour prendre une occlusion fonctionnelle, toujours dirigĂ©e du cĂ´tĂ© de la dimension verticale la plus basse. Notre premier geste sera alors d’Ă©liminer les obstacles qui empĂŞchent la coĂŻncidence entre l’occlusion fonctionnelle et l’occlusion centrique.
Ce sont en gĂ©nĂ©ral les canines du cĂ´tĂ© opposĂ© Ă l’occlusion croisĂ©e qui sont Ă l’origine de cet obstacle. Nous les meulerons donc en premier. Si besoin est, nous meulerons Ă©galement certaines cuspides vestibulaires des molaires temporaires impliquĂ©es dans cet obstacle.
Si le diagnostic a Ă©tĂ© prĂ©coce, ce simple meulage sĂ©lectif est suffisant et l’occlusion restera centrĂ©e, grâce Ă la rĂ©cupĂ©ration d’un cycle masticateur normal.
Nous devons maintenant faire une remarque thĂ©rapeutique très importante, valable pour tous les cas d’occlusion croisĂ©e.
Le cĂ´tĂ© qui ne fonctionne pas (non croisĂ©), est celui du condyle balançant et donne une rĂ©ponse de croissance plaçant l’hĂ©mi-arcade en normoclusion.
Au contraire, du cĂ´tĂ© de l’occlusion croisĂ©e (cĂ´tĂ© fonctionnel oĂą le patient mastique), il n’y a pas d’excitation condylienne et l’hĂ©mi-arcade mandibulaire reste en distoclusion.
Après avoir Ă©quilibrĂ© ces dentures et les avoir rendues fonctionnelles nous devrons veiller Ă laisser la dimension de l’AFMP du cĂ´tĂ© opposĂ© au cĂ´tĂ© croisĂ© nettement plus basse, afin que le patient se mette (inconsciemment) Ă mastiquer de ce cĂ´tĂ© ; il rendra alors fonctionnels les muscles et l’ATM qui ne l’Ă©taient pas. Un contrĂ´le sera effectuĂ© tous les six mois pour surveiller l’évolution.
Quand le diagnostic est plus tardif, outre le meulage sĂ©lectif qui recentre la mandibule et rend fonctionnelle l’occlusion centrique, il y a lieu de placer des plaques Ă pistes pour Ă©largir le maxillaire, puisqu’il est plus Ă©troit que la mandibule ; mais nous donnerons aux pistes une inclinaison telle que, dans les mouvements de latĂ©ralitĂ©, les plaques Ă©tant installĂ©es en bouche, le patient acquiert une dimension verticale plus haute du cĂ´tĂ© croisĂ© que de l’autre. De la sorte, la mandibule se dĂ©placera plus souvent vers le cĂ´tĂ© opposĂ© et excitera le condyle du cĂ´tĂ© croisĂ© qui Ă©tait jusqu’alors en Ă©tat d’impotence fonctionnelle.
existe des cas encore plus graves oĂą l’analyse fonctionnelle de la lĂ©sion rĂ©vèle que le meulage qu’il faudrait faire du cĂ´tĂ© non croisĂ©, pour recentrer l’occlusion, devrait ĂŞtre tellement important que nous atteindrions les pulpes. Dans de tels cas nous recourons aux composites polymĂ©risables aux ultra-violets ou en lumière halogène afin de constituer ce que nous appelons des pistes directes. La manière de procĂ©der est la suivante : après avoir obtenu la relaxation du patient, nous amenons la mandibule en occlusion centrique et nous supprimons par meulage les contacts prĂ©maturĂ©s de la quantitĂ© autorisĂ©e par la sensibilitĂ© dentinaire. Si nous maintenons la mandibule dans cette position de relation centrĂ©e nous observons que, du cĂ´tĂ© croisé‚ un espace libre demeure au niveau des molaires.
C’est cet espace libre que nous allons combler, par application de composites sur les faces occlusales, afin que la mandibule ne puisse trouver la dimension verticale minimale qu’elle rencontrait avant l’application. Cette dernière reste de la sorte centrĂ©e, avec une occlusion devenue Ă la fois centrique et fonctionnelle et avec un contact des faces occlusales entre elles dans les mouvements de latĂ©ralitĂ©.
Les hypertrophies mandibulaires en denture temporaire
Quand, pour des raisons très variĂ©es, comme une dysfonction, des amygdalites rĂ©pĂ©tĂ©es, des dĂ©sordres endocriniens, etc., la mandibule se dĂ©veloppe plus que le maxillaire, la recherche d’une intercuspidation maximale, c’est-Ă -dire d’une occlusion fonctionnelle l’oblige Ă avancer. Ainsi s’Ă©tablit une occlusion incisive inversĂ©e et souvent, simultanĂ©ment, une occlusion molaire croisĂ©e uni ou bilatĂ©rale.
L’étude des moulages gnathostatiques prĂ©cise l’orientation du plan occlusal.
Dans les hypertrophies mandibulaires en denture temporaire, le plan occlusal prolongĂ© vers l’avant rencontre le plan de Camper en faisant un angle + ou – ouvert vers l’arrière.
Nous devons faire tout notre possible pour rendre ce plan occlusal parallèle à celui de Camper.
Quelle que soit l’Ă©tiologie de cette dysmorphose, le traitement devra ĂŞtre entrepris le plus prĂ©cocement possible. NĂ©gligĂ©e, elle s’aggravera progressivement jusqu’Ă devenir irrĂ©versible Ă la fin de la croissance. Chez l’adulte, quelle qu’ait pu ĂŞtre l’Ă©tiologie ou la gravitĂ© de la lĂ©sion, seule la chirurgie pourra apporter une solution au problème esthĂ©tique, mais pas nĂ©cessairement au problème fonctionnel.
Le traitement prĂ©conisĂ© comporte deux temps : le premier fait appel Ă un meulage sĂ©lectif qui a pour effet de rĂ©cupĂ©rer les mouvements de latĂ©ralitĂ© et d’empĂŞcher le patient de mastiquer avec des mouvements protrusifs qui excitent simultanĂ©ment les deux condyles. En gĂ©nĂ©ral, on devra meuler les deux canines infĂ©rieures et les faces occlusales des molaires temporaires supĂ©rieures, afin d’offrir la possibilitĂ© au plan occlusal de se parallĂ©liser avec le plan de Camper.
Simultanément on installera des plaques simples ou avec vérins et pistes orientées dans un plan oblique en avant et en bas.
La plaque supĂ©rieure, sera Ă©quipĂ©e du ressort d’Eschler pour classe III.
Les plaques doivent s’ajuster en bouche de manière à ce que les pistes entrent en contact juste quand les bords des incisives sont en bout à bout.
La plaque infĂ©rieure portera un plan lĂ©gèrement inclinĂ© derrière les incisives, ce qui Ă©vitera que s’Ă©tablisse une supraclusion incisive inversĂ©e.
Munie de ces plaques, la mandibule pourra glisser librement Ă droite et Ă gauche sans rencontrer d’obstacle car, grâce aux pistes, les AFMP seront Ă 0°.
Chez des enfants de 2 ou 3 ans, quelle que soit l’Ă©tiologie, on peut rĂ©aliser un saut d’articulĂ© en un ou deux jours ; et, chez les enfants un peu plus grands, en une semaine.
La plaque infĂ©rieure prend en charge 1’arcade mandibulaire ; son Ă©nergie de dĂ©veloppement vers l’avant est freinĂ©e et enregistrĂ©e par le ressort d’Eschler qui la transmet aux maxillaires supĂ©rieurs en une traction vers l’avant.
Tant que le saut d’articulĂ© n’est pas obtenu, la plaque infĂ©rieure doit ĂŞtre portĂ©e mĂŞme pendant les repas ; on ne pourra l’enlever que pour la nettoyer et se brosser les dents.
Une fois l’occlusion antĂ©rieure normalisĂ©e, nous diminuerons la hauteur des pistes afin que s’Ă©tablisse un recouvrement incisif physiologique et, si nĂ©cessaire, on diminuera la dimension verticale, au prix de meulages des faces occlusales des molaires temporaires, mais toujours avec l’idĂ©e de ramener le plan occlusal parallèle au plan de Camper.
Cette thĂ©rapeutique peut ĂŞtre mise en oeuvre Ă n’importe quel âge de la mĂŞme façon ; seule la durĂ©e du traitement est diffĂ©rente.
L’infraclusion incisive
Du fait de son Ă©tiologie, l’infraclusion incisive constitue pour notre thĂ©rapeutique, la dysmorphose la plus difficile Ă traiter. PĂ©rennisĂ©e en denture permanente, elle peut entraĂ®ner des dĂ©sordres fonctionnels majeurs et incorrigibles.
Chez l’enfant, ces dĂ©formations peuvent ĂŞtre liĂ©es Ă des dĂ©sordres gĂ©nĂ©raux, mais le plus souvent la cause est fonctionnelle.
Dans tous les cas, il convient de les diagnostiquer et les traiter avec la plus grande urgence.
Il faut avant tout en supprimer la cause : abus de sucette-tĂ©tine, succion de doigts ou de langue, voire d’autres causes particulières.
Tous les appareillages capables d’œuvrer dans le sens d’une amĂ©lioration sont les bienvenus.
Le problème, chez ces patients, est que la dimension du tiers infĂ©rieur de la face devient plus grande que la normale, le plan occlusal supĂ©rieur s’incline en avant et en haut alors que le plan infĂ©rieur s’oriente en avant et en bas, empĂŞchant les mouvements de latĂ©ralitĂ© Ă©quilibrĂ©s.
Si ces troubles persistent en denture permanente, il sera totalement impossible de faire une thĂ©rapeutique fonctionnelle propre Ă obtenir l’Ă©quilibre, Ă cause prĂ©cisĂ©ment, de l’orientation pathologique du plan occlusal.
Il ne faudra pas non plus négliger la rééducation qui peut donner de bons résultats.
Il est donc nĂ©cessaire de reconnaĂ®tre très prĂ©cocement cette dĂ©formation pour profiter de la force Ă©ruptive et corriger l’infraclusion le plus tĂ´t possible, et de prĂ©fĂ©rence en denture temporaire.
Le traitement en denture mixte et en denture permanente
Si la RNO, telle que la conçoit Planas, était appliquée, ce paragraphe serait inutile.
Etablir un diagnostic et entreprendre un traitement à 6 ou 7 ans est en effet déjà trop tardif pour Planas.
La thĂ©rapeutique en denture temporaire, exposĂ©e au chapitre prĂ©cĂ©dent, a pour but de permettre les mouvements fonctionnels en latĂ©ralitĂ© et de combattre les insuffisances de dĂ©veloppement transversal, sagittal et vertical. Tout cela concourt Ă l’Ă©ruption normale des dents de 6 ans et des incisives permanentes qui se placeront en occlusion correcte. Il s ‘Ă©tablira de ce fait un plan d’occlusion physiologique dans lequel Ă©voluera la seconde dentition : c’est l’unique moyen Ă sa disposition pour se maintenir en Ă©quilibre et Ă©luder les parodontopathies.
C’est la seule vraie finalitĂ© de la RĂ©habilitation Neuro-Occlusale.
Diagnostic
L’Ă©tude diagnostique sera analogue Ă celle utilisĂ©e en denture temporaire.
Thérapeutique
Pour que notre thĂ©rapeutique soit efficace, il est indispensable de disposer de l’Ă©nergie mandibulaire, et cette Ă©nergie ne nous sera procurĂ©e que si la mandibule se meut librement Ă droite et Ă gauche, grâce, d’une part, aux pistes utilisĂ©es en dehors des repas, et d’autre part au frottement occlusal créé par les mouvements de latĂ©ralitĂ© lors de la mastication. Il y a donc lieu de supprimer, au besoin par un meulage, tout obstacle qui pourrait s’opposer Ă ces mouvements.
Si, pour faciliter les mouvements, quelques meulages sĂ©lectifs sont nĂ©cessaires, ils pourront ĂŞtre rĂ©alisĂ©s impunĂ©ment sur les dents de lait persistantes en denture mixte. Mais, sur les dents permanentes, et cela est très important, on pourra seulement Ă©liminer l’Ă©mail qui s’Ă©liminerait physiologiquement par abrasion naturelle, en supposant que cette dent ait travaillĂ© normalement contre ses antagonistes.
Dans les cas de denture mixte ou permanente, notre premier objectif est d’aligner les incisives et de rendre la mandibule trapĂ©zoĂŻdale. Cela ne veut pas dire que nous n’agissons pas sur les maxillaires, mais la première chose Ă obtenir, c’est un bon marteau – la mandibule – pour forger, modeler et exciter physiologiquement le maxillaire supĂ©rieur.
Seule, cette morphologie de l’arcade mandibulaire permettra d’obtenir un Ă©quilibre occlusal conforme au type Gysi.
Les troubles le plus souvent rencontrés en denture permanente sont :
- l’insuffisance de dĂ©veloppement transversal
- les distoclusions uni- ou bilatérales
- les supraclusions incisives
- les occlusions croisées
- les prognathies mandibulaires
- les infraclusions incisives.
Les insuffisances de développement transversal
Une mandibule mal développée se caractérise par un encombrement incisif, par des canines en position linguale ou vestibulaire ou par une arcade qui n’a pas la forme trapézoïdale physiologique. Les maxillaires ont à peu près le même aspect mais les désordres y sont encore plus visibles. Il peut exister une distoclusion ou une neutroclusion associée à une supraclusion incisive plus ou moins importante.
Nous traiterons ces cas avec des plaques comportant des pistes, un vérin central, et des taquets occlusaux sur la plaque inférieure.
On donnera aux pistes l’inclinaison appropriĂ©e selon qu’il s’agit d’une normoclusion ou d’une discrète distoclusion mandibulaire.
Lorsque l’expansion nĂ©cessĂ©aire, dĂ©terminĂ©e par les indices de Korkhaus, aura Ă©tĂ© obtenue, il faudra aligner les groupes incisifs, supĂ©rieur et infĂ©rieur.
Si, pour aligner correctement les incisives, il est nĂ©cessaire de les vestibuler, on adjoindra Ă la plaque un ressort lingual. Dans ce cas nous prendrons la prĂ©caution d’agir avec une pression très lĂ©gère pour corriger les rotations incisives.
Parfois, au contraire, si les incisives sont trop vestibulĂ©es, on les lingualera Ă l’aide d’un arc vestibulaire.
Si l’insuffisance transversale est très importante, il n’est pas rare que les incisives latĂ©rales fassent leur Ă©ruption avec leur face linguale parallèle au raphĂ© et en position linguale. Il est alors peu aisĂ© d’obtenir la rotation et 1’avancĂ©e de ces dents avec un ressort. On peut employer, pour un temps très bref, deux brackets et un arc appuyĂ© Ă©galement sur les centrales mais toujours associĂ© aux plaques. La rectification de ces latĂ©rales s’effectue rapidement mais au prix d’un traumatisme ligamentaire. Lorsqu’elle est obtenue, on rebase la plaque avec de la rĂ©sine acrylique autopolymĂ©risable, pour favoriser la contention. Nous attendons que la lĂ©sion parodontale iatrogènique guĂ©risse et nous poursuivons le traitement selon le plan prĂ©vu.
L’obstacle constituĂ© par la malposition incisive Ă©tant levĂ©, les mouvements de latĂ©ralitĂ© mandibulaire peuvent alors s ‘effectuer.
Toutes les autres petites rotations seront corrigées avec des ressorts activés le plus légèrement possible.
Le traitement sera terminĂ© quand on aura obtenu les mouvements de latĂ©ralitĂ© mandibulaire et le frottement des deux arcades l’une contre l’autre dans leur ensemble, avec un Ă©quilibre occlusal satisfaisant qui sera contrĂ´lĂ© rĂ©gulièrement.
Les distoclusions bilatérales
Lorsqu’il existe une distoclusion bilatĂ©rale, on utilise une bielle centrale. Mais, en denture mixte ou permanente, nous employons Ă©galement deux bielles latĂ©rales. De plus, on s’aidera de ressorts pour obtenir quelques mouvements isolĂ©s sur une dent.
Les pistes sont construites comme celles utilisées en denture temporaire.
Parallèlement Ă la correction de la distoclusion, il sera possible d’Ă©largir les arcades Ă l’aide de vĂ©rins mĂ©dians, pour les amener Ă leur dimension convenable.
Les distoclusions unilatérales
S’il existe une distoclusion unilatĂ©rale en denture mixte ou permanente, elle sera presque toujours situĂ©e du cĂ´tĂ© travaillant.
Notre objectif essentiel sera de supprimer les obstacles pour transformer, par un meulage sélectif, le côté balançant en côté travaillant.
Si ce meulage est insuffisant, on posera des pistes sur les plaques pour faire glisser la mandibule à droite et à gauche, de telle manière que le côté travaillant ait un AFMP plus grand que le côté balançant. La mandibule changera alors spontanément son côté de mastication et la distoclusion se corrigera, conformément aux lois de développement.
Les supraclusions incisives
Dans les cas des grandes supraclusions incisives, qui sont toujours accompagnĂ©es de distocclusions bilatĂ©rales, nous recourons Ă l’equiplan, quelque soit l’âge. Ce qui diffĂ©rencie cet equiplan de celui utilisĂ© en denture temporaire est l’adjonction d’ailettes latĂ©rales qui, descendant de la zone palatine de l’appareil, empĂŞchent l’interposition linguale entre les zones de soutien sans entraver les mouvements de latĂ©ralitĂ© mandibulaires.
Les occlusions croisées
Les occlusions croisĂ©es, en denture permanente sont Ă©galement traitĂ©es avec des plaques Planas. Elles sont, en gĂ©nĂ©ral, munies de vĂ©rins, qui conduisent l’expansion jusqu’au saut d’articulĂ©. On n’emploie pas de piste directe et on agit avec beaucoup de prudence.
S’il est nĂ©cessaire de pratiquer un meulage, on se souviendra qu’il ne faut Ă©liminer que la partie de l ‘Ă©mail qui aurait dĂ» s ‘user physiologiquement, par abrasion fonctionnelle.
N’oublions pas que tous ces patients mastiquent du cĂ´tĂ© croisĂ©, puisque c’est le cĂ´tĂ© oĂą l’AFMP est le plus petit. Il faut donc construire les pistes de telle façon que, lorsqu’elles sont en bouche, l’AFMP soit plus petit de l’autre cĂ´tĂ©. Ainsi rendrons nous fonctionnel le cĂ´tĂ© qui n’avait jamais travaillĂ©.
On complètera si nĂ©cessaire par un meulage sĂ©lectif pour que, au moment des repas, ayant dĂ©posĂ© ses appareils, le patient trouve une dimension verticale plus basse du cĂ´tĂ© non croisĂ© : c’est-Ă -dire que par tous les moyens, nous nous efforçons de rendre fonctionnel le cĂ´tĂ© qui ne l’était pas.
Les prognathies mandibulaires
Dans les classes III, on emploiera le mĂŞme appareil, avec les mĂŞmes modalitĂ©s qu’en denture temporaire, c’est-Ă -dire des plaques infĂ©rieures avec taquets occlusaux, stabilisateurs, plus une plateforme rĂ©tro-incisive infĂ©rieure. Les pistes sont dirigĂ©es en haut et en arrière. La plaque supĂ©rieure porte un ressort d’Eschler pour classe III.
Les infraclusions incisives
Nous devons Ă©viter que la langue ne s’interpose dans l’espace libre de l’infraclusion, en utilisant des grilles avec ou sans pointe. Nous pouvons aussi prĂ©voir l’installation d’une perle pour rééduquer la langue, etc.
Toutes les méthodes nous paraissent bonnes, y compris celles qui peuvent paraître absurdes comme la sophrologie, etc., si elles résolvent le problème avec le meilleur équilibre fonctionnel possible. La myothérapie par exemple peut donner de bons résultats.
Ce qui nous prĂ©occupe le plus dans ces cas, c’est le problème de l’avenir parodontal et l’apparition de lĂ©sions par hyperfonction dans les zones de soutien et par hypofonction dans la zone incisive. C’est pourquoi il faut obtenir l’occlusion la plus Ă©quilibrĂ©e possible Ă l’aide du meulage sĂ©lectif qui amènera les AFMP au voisinage de 0°.
La précarité de l’équilibre
La phase de contention n’existe pas en R.N.O . En effet, celle-ci s’impose quand il y a eu action orthodontique directe de l’appareillage lors du traitement. Or, les mouvements orthodontiques sont ici secondaires, induits par la correction fonctionnelle. En consĂ©quence, seul la stabilitĂ© de l’Ă©quilibre fonctionnel garantit la pĂ©rennitĂ© des rĂ©sultats obtenus.
Ce qui conduisait Planas Ă revoir ses patients tous les ans afin de contrĂ´ler les AFMP. et de dĂ©pister d’Ă©ventuels signes avant-coureurs de dĂ©sĂ©quilibre.
On ne peut objecter qu’aussi longtemps que le système stomatognathique fonctionne, il peut se dĂ©sĂ©quilibrer comme tout système vivant. Et ceci est indĂ©pendant de la technique par laquelle il aura Ă©tĂ© traitĂ© au prĂ©alable.
C’est ainsi toute la conception de la contention qui est remise en cause .
CONCLUSION
A l’heure oĂą les traitements sans extractions et oĂą le fonctionnel sont de plus en plus d’actualitĂ©, les travaux du professeur Planas devraient en toute logique susciter la curiositĂ© de beaucoup d’orthodontistes.
PLANAS n’Ă©tait pas un auteur consensuel. Son opposition proverbiale Ă la cĂ©phalomĂ©trie radiologique a peut-ĂŞtre privĂ© son Ĺ“uvre d’une lĂ©gitimitĂ© scientifique incontournable pour certains. De mĂŞme son refus catĂ©gorique d’employer toute technique multi-attaches est peut ĂŞtre parfaitement justifiĂ© mais lĂ aussi le langage du multi-baguiste est-il le plus employĂ© et souvent le seul reconnu.
Une démarche diagnostique qui paraît longue, des appareillages parfois lourds à supporter ont peut-être rebuté certains.
Cependant ils ont abouti à des résultats visiblement spectaculaires. Obtenir une expansion apicale des bases au niveau maxillaire et surtout au niveau de la mandibule est en effet une performance thérapeutique incontestable.
La RNO est une doctrine très complète qui introduit une conception de l’équilibre idéal et fournit des réponses thérapeutiques adaptées aux déséquilibres rencontrés.
De l’élaboration du diagnostic à celui du traitement, Planas propose une méthodologie précise et détaillée, très axée sur l’étude de la fonction masticatrice.
Ainsi la réharmonisation des arcades dentaires passe-t-elle par celle de l’équilibre fonctionnel et la pérennité des résultats acquis par le maintien de ce dernier.